DAMIER – Association Culture Franco-Suisse

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Même à l’ère d’internet, force est de constater que la position géographique, les cultures, les mentalités et même la santé économique d’un pays… façonnent les points de vue de ses habitants et donc de ses médias.

A Paris ou à Lausanne, un chiffre, une image, un fait ne sont pas vus, commentés ou lus de façon identique ? Faut il s’en étonner ou s’en interroger ? Le déplorer, s’en amuser ou s ‘en réjouir? A vous internautes d’en juger et d’en débattre avec nous. C’est du moins l’ambition du blog de Damier, repérer chaque mois, dans l’abondance de l’actualité culturelle, des nouvelles petites ou grandes, stratégiques ou anecdotiques, qui dans la Confédération Helvétique ou l’Hexagone ont été rapportées par les médias de part et d’autre de la frontière mais de façon bien différentes.

Aurait-on pu rejouer le film ou la pièce autrement ? En proposer une autre traduction ou une nouvelle interprétation ? C’est à vous, lecteurs du blog de Damier suisses, français, francophones ou non, mais tous francophiles qui au fil des semaines et des mois, par vos contributions en décideront. Histoire de nouer les fils d’un nouveau dialogue fort et constructif deçà du Léman et au delà des Alpes.


Saint Moritz ou Zermatt sous le soleil exactement de la Dolce Vita

9782840496618 2Dans « In my Fashion », Bettina Ballard correspondante américaine de Vogue à Paris avant guerre puis après la Libération nous fait revivre les grandes heures de la haute couture en compagnie de ChanelDior ou Givenchy. Un délice à déguster comme un Spritz en été.

C’était d’un temps pas si lointain où le marquis Emilio Pucci habillait les élégantes sur les pistes de Saint Moritz ou Zermatt, photographiées par la créative Toni Frissel. C’est cette plongée dans les mémoires que ressuscitent Bettina Ballard dans son journal tout juste publié par les éditions SéguierEmilio Pucci raconte Bettina « voyage sans cesse entre les 33 pays dans lequel il vend des vêtements. Il s’amuse aussi vite qu’il travaille, et parvient souvent à combiner les deux. Quand il skie comme un professionnel à Saint Moritz, il est sûr de croiser sur les pistes une de ses clientes qui lui commandera trois pantalons supplémentaires. » De Paris à Rome, en passant par New York ou Saint Anton, pas un des endroits fréquentés par la Café Society [2] ne manque à l’agenda de celle qui fut l’une des plus influentes journalistes américaines de l’avant et après- guerre. Lire la suite


 

Délire passionnel d’un autre temps

41w0XsAkRTL._SY291_BO1,204,203,200_QL40_Deux cent ans après sa publication, Adolphe de Benjamin Constant continue de nous passionner. L’œuvre raconte la vraie misère du cœur humain. C’est du moins ainsi que son auteur l’a définie. Après avoir courtisé avec assiduité Ellénore, une belle polonaise mère de deux enfants, Adolphe est pris au piège de sa liaison étouffante y rencontrant encore du plaisir mais n’y trouvant plus de charme. Or que faire contre un sentiment qui s’éteint.

Malgré les reproches mutuels, les scènes parfois violentes, il ne parvient pas à rompre car rien n’altère l’amour que lui porte Ellénore. Tandis qu’il la délaisse, elle s’attache de plus en plus jusqu’à en perdre la raison. Au bord de l’abîme, elle sombre dans un délire sans retour «elle voulut pleurer, il n’y avait plus de larmes; elle voulut parler, il n’y avait plus de voix…» Une fin tragique pour cette histoire à l’apogée du romantisme, qui nous rappelle celle de l’héroïne Corinne de Germaine de Staël.

Aujourd’hui encore, on s’interroge sur la part autobiographique du roman. François Rosset, professeur et ancien doyen de la Faculté de lettres de l’Université de Lausanne, nous éclaire sur certaines mésinterprétations : lire la suite


Le silence de Jeanne

16061710034998181-1Dans le récit « Jeanne», son premier roman,  Véronique Timmermans alterne deux histoires étroitement mêlées. Celle de Jeanne bouleversée par son coup de foudre inavouable pour un prêtre et celle de sa fille, Catherine, en quête de vérité. Mais comment réagir face au silence de Jeanne sur son passé? L’auteure soulève la délicate question de la transmission des souvenirs intimes d’une génération à l’autre. Un livre tout en émotion et en profondeur pour des heures de lecture passionnantes. Interview.

Damier : L’écriture de ce premier roman marque-t-elle un tournant dans votre vie? 

Véronique Timmermans: Oui, certainement. En apparence, ma vie est presque inchangée, je partage mon temps entre travail salarié, écriture, famille, amis et loisirs, comme tout le monde. Je commence seulement maintenant, quelques mois après la parution de «Jeanne», à pouvoir mettre des mots sur ce qui a changé: au plus profond de moi, la joie intense d’avoir accompli un de mes rêves, celui d’être lue, peut-être le rêve qui compte le plus; la prise de conscience combien l’écriture est une part fondamentale de moi, combien l’écriture m’aide à comprendre le monde qui m’entoure. J’ai l’impression que je suis plus moi qu’avant. lire la suite


Un Suisse roi de l’affiche : Gene (Jean) Walther

C’était IMG_9003-1dans les années 50 à New York. Il s’appelait Jean Walther. Le Musée Forel de Morges lui rend hommage. Une belle initiative qui s’inscrit dans la même démarche qui avait conduit ce même Musée à nous faire redécouvrir il y a quelques mois la vie tumultueuse du mannequin vedette Capucine.

Pour Jean Walther, ce sont ses descendants qui ont eu l’heureuse idée de confier au conservateur du Musée ses archives et de remettre un coup de projecteur sur ce grand affichiste. Jean Walter est né à Naters dans le Valais en 1910 dans une famille d’artistes. Après avoir suivi des cours dans l’atelier école de Georges Aubert à Lausanne , il intègre à Paris le bureau du plus célèbre affichiste de l’époque à savoir Cassandre (Adolphe Jean Marie Mouron) dans les années 30, avant de gagner l’Amérique et d’y connaître un beau succès. L’exposition de Morges nous fait découvrir ses créations colorées et élégantes de Jean Walther  (qui signe désormais son travail Gene Walther ) comme pour la compagnie aérienne TWA, la destination Lausanne ou la marque Nescafé. Sa mort prématurée à l’âge de 58 ans l’a sans doute privée de la reconnaissance qu’il méritait. Une injustice que le Musée de Morges tente de réparer.


 

 Louis-Auguste Brun, retour au Château de Prangins

IMG_1917Peintre, collectionneur, marchand d’art, homme politique, l’exposition « De Prangins à Versailles » retrace la  trajectoire de Louis-Auguste Brun (1758-1815).  A l’âge de vingt-trois ans, cet ami de la famille Guiguer du Château de Prangins quitta la Suisse pour s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Grâce à son talent, il réussit à pénétrer le cercle très fermé des peintres de la Cour de Versailles, participa aux folles chevauchées de la dauphine à Fontainebleau et aux Bois de Boulogne. Deux toiles de Marie-Antoinette à cheval et une centaine de portraits et dessins illustrent cette période de gaieté, d’insouciance, et d’élégance. La rétrospective que lui consacre le Château de Prangins restitue l’œuvre de l’artiste dans ce lieu qu’il fréquenta. A voir absolument jusqu’au 10 juillet 2016.


La vie de Château dans le canton de Vaud

UnknownVous rêviez d’en savoir plus sur le patrimoine du Canton de Vaud, la nouvelle revue Patrimonial est faites pour vous. Pour son premier numéro, l ‘équipe a choisi de consacrer la majorité de ses 140 pages aux châteaux du canton qui font l’objet de chantiers d’envergure.

Premier bénéficiaire de cette campagne le château Saint Maire, à Lausanne qui fut la demeure des évêques. Construit au XIV siècle, l’imposante bâtisse de briques rouges et de molasse, qui abrite aujourd’hui le siège du gouvernement cantonal, est en cours de réhabilitation et de réaménagement. « A l’intérieur, au premier niveau, la chambre dite « de l’évêque » conserve une cheminée et un plafond peint remarquables remontant aux aménagements d’Aymon de Montfalcon. A l’étage inférieur, des peintures murales médiévales, dont certaines viennent d’être découvertes, décorent les anciens espaces de réception », explique la Revue. Si le public devra encore patienter quelques longs mois avant de REdécouvrir Saint Maire, la revue Patrimonial permet déjà d’en avoir un avant goût de la beauté des peintures murales et de comprendre la complexité de la difficile conservation des édifices en molasse. Si la revue traite longuement du chantier de l’emblématique Chillon, il vous fera peut être découvrir les châteaux CheseauxBavoisLucens ou encore de l’Isle qui vient de bénéficier d’une magnifique restauration de ses tentures de cuir doré.

Béatrice Peyrani


 Elisabeth Greffulhe, la vraie duchesse de Guermantes

UnknownElle fut et restera la plus chic comme en témoigne une récente exposition au Palais Galliera des robes de la comtesse Greffulhe, véritables trésors de la haute couture parisienne. Griffées WorthLanvinBabani ou Soinard, elles ont contribué à la fascination exercée par celle qui inspira à Proust la duchesse de Guermantes.

Des tenues audacieuses, taillées dans des tissus précieux, qui dénotent son désir d’extravagance. Certains modèles, tels ce manteau de jour créé par Jeanne Lanvin en 1936 en satin de soie avec ses manchons et poche en fourrure, ou la robe noire dessinée par Vitaldi Babani en 1925 brodée de fils de soie verts et or, ont survécu aux courants de la mode et sont toujours d’actualité.

Immensément belle, élégante et gracieuse, ses apparitions suscitaient l’émoi, une figure de reine du monde comme il ne s’en trouve jamais que fort peu dans une génération écrira Emile Herriot. Photographiée inlassablement par Paul NadarProust remua ciel et terre pour s’approprier quelques clichés….lire la suite


 Emile de Ribaupierre, une vie en musique

de-ribaupierre-emileLa récente monographie publiée par Antonin Scherrer retrace les grands moments de la vie d’Emile de Ribaupierre, musicien passionné, violoniste et pédagogue dans l’âme. Récit d’un engagement musico-pédagogique exceptionnel.

Dans la famille de Ribaupierre, issue d’illustres seigneurs alsaciens, la vie est embellie par la musique et le parfum des roses. Cultivées par son père horticulteur, Emile de Ribaupierre hérite de cette même passion infinie pour la plus élégante des fleurs. Des roses à profusion, qui subliment sa maison, ses salles de musique, toujours à proximité, allant jusqu’à leur rendre hommage par la création des célèbres « Auditions des Roses ».

Par la multiplicité de ses talents, Emile de Ribeaupierre nous fascine. Il est tout à la fois violoniste, compositeur, chef d’orchestre et pédagogue, mais aussi entrepreneur. Avec sa sœur Mathilde, il fonde les Conservatoires de Montreux et de Vevey, et l’Institut de Ribaupierre à Lausanne. Dans la foulée, il forme l’Orchestre de Montreux dont il sera directeur et chef d’orchestre « je voulais que les élèves de mon école puissent avoir un contact symphonique, qu’ils aient la possibilité d’apprendre le métier de musicien appelé à jouer dans un grand ensemble…voyez en moi un pédagogue ». Lire la suite


 

«Musiciens d’autrefois» de Romain Rolland réédité

Romain_Rolland,_Meurisse,_1914Plus d’un siècle après sa parution, Actes Sud réédite Musiciens d’autrefois, un ouvrage qui expose une autre face de Romain Rolland, celle du musicologue. Excellent pianiste, sa passion pour la musique marquera son œuvre.

Après avoir publié Les origines du Théâtre lyriqueHistoire de l’Opéra en Europe avant Lully et ScarlattiVie de Beethoven, il s’est penché sur l’évolution de la culture musicale et ses formes dramatiques aux XVIIe et XVIIIe siècles. La réédition récente de Musiciens d’autrefois remporte le Prix des Muses.

Prix Nobel de Littérature (1916), Romain Rolland a lancé en France la vogue des romans cycles avec les dix volumes de Jean-Christophe. Il perd dès le début de la grande guerre son cher ami Charles Péguy. Rolland est alors en Suisse, où il a pris l’habitude de séjourner presque chaque année depuis 1882. Lire la suite


 

La Littérature du Nord : Goethe et Mme de Staël

9782213654515FSEntretien avec Jacques Berchtold, directeur de la Fondation Martin Bodmer, sur l’ouvrage De l’Allemagne, publié par Germaine de Staël à l’issue de ses rencontres avec les plus grands romanciers et philosophes allemands de l’époque.


De l’Allemagne
 est-il un vaste plaidoyer en faveur du renouveau de la vie culturelle germanique ?

Jacques Berchtold : Dans De l’Allemagne (1813), Mme de Staël, qui s’adresse au lectorat français, met en relation contraste les cultures respectives de la France et de l’Allemagne, en définissant leurs traits caractéristiques. Cet ouvrage revêt une importance capitale : il vise à rendre accessible à un large public français la connaissance de la littérature allemande. Le panorama offert est évidemment stylisé ; l’ouvrage donne de la pensée allemande moderne et contemporaine une certaine image partielle et partiale ! En rupture par rapport aux poncifs et préjugés conventionnels (une Germanie gothique et rugueuse), cette étude d’ensemble est sans précédent et a de toute manière le grand mérite de présenter à la patrie de Pascal, Descartes et Malebranche, une image du voisin du Nord qui détone, et notamment certains philosophes modernes très originaux (FichteKantHegel), à côtés des dramaturges, romanciers et poètes. Bientôt l’anglophilie du 18e siècle cédera la place à un nouvel engouement pour la philosophie venue d’Allemagne. lire la suite


L’envol de Sonia Araquistáin, une artiste flamboyante

mourirAprès avoir publié le portrait de Gustave Courbet dans « La Claire Fontaine », David Bosc se penche sur la destinée de Sonia Araquistáin, une artiste jusqu’ici peu connue, disparue tragiquement.

L’histoire est troublante. Une artiste espagnole de vingt-trois ans, Sonia Araquistáin, se suicide en sautant par la fenêtre de sa chambre un matin de septembre 1945, entièrement dévêtu. Elle vivait avec son pèambassadeur d’Espagne, à Queensway, Bayswater.

Qui était Sonia Araquistáin, cette artiste mystérieuse dont on a pour ainsi dire jamais entendu parler? Disparue prématurément, elle a laissé peu de traces. Quelques articles parus à l’époque des faits n’éclairent guère sur le mal-être qui l’a précipitée dans le vide et attribuent son geste fatal à… un déséquilibre mental. Une hérésie pour le poète surréaliste Georges Henein qui lui rend un hommage bouleversant « …Pour que cette femme déploie l’éventail de sa chute, pour qu’elle gifle à jamais l’indolence de l’espace, pour que de son beau visage de cristal brisé, elle épouse la terre ferme, creusez… » lire la suit


Capucine, la plus belle fleur de Lausanne ressuscite par la grâce de…. Blaise Hofmann

Capucine-Blaise_Hofmann-livre-couverture-480x240La génération Instagram trouvera son compte dans le dernier roman de Blaise Hofmann : « Capucine », cette biographie d’une star oubliée d’Hollywood qui s’est donnée la mort à Lausanne dans les années 90.

Retour sur une étoile filante, amie d’Hubert de Givenchy et d’Audrey Hepburn, partenaire de John Wayne, Dick Bogarde ou Alain Delon. Même les étoiles sont mortelles. Sauf quand un romancier leur redonne vie. Et c ‘est bien ce qui arrive à la comète «Capucine» que l’écrivain Blaise Hofmann, ressuscite pour notre plus grand plaisir.

Capucine ? Un nom qui ne vous dit rien. A oui, peut être si vous êtes Lausannois, habitant du quartier dit sous-gare et que vous avez très, vraiment très bonne mémoire, vous souvenez alors peut-être du suicide, il y a déjà bien longtemps d’une femme de 62 ans. Lire la suite


Audrey Hepburn: «Un instant de grâce »…en Suisse aussi.

71PrgWnDQyL._SL1240_C’est à Dublin, en Irlande, que se déroule l’histoire du dernier roman de Clémence Boulouque : « Un instant de grâce ». Mais, c’est en Suisse que son héroïne, l’actrice Audrey Hepburn, avait retrouvé le bonheur dans les prés avec ses enfants, non loin de Morges.

Dans « Un instant de grâce », qu’elle publie ces jours ci chez Flammarion, Clémence Boulouque imagine les retrouvailles d’un homme et de sa fille après trente ans d’absence. Le père est un déserteur de la vie. Il a flirté autrefois avec le nazisme. Un mauvais jour de mai 1935, il a quitté femme et enfant. Il est aussi taiseux que sombre. Sa fille, justement, il la retrouve pour la première fois, en cet été 1964. Elle s’appelle Audrey Hepburn. C’est l’actrice lumineuse et virevoltante de « Vacances Romaines », « Sabrina » ou « Diamants sur Canapé ». C’est une star, une vraie. Lire la suite


« Une leçon de flûte avant de mourir », un récit émouvant de Jacques-Etienne Bovard

51F9AZHQQ2L._SX272_BO1,204,203,200_Son titre intrigant laisse d’emblée présager le malheur. Il aura fallu les turpitudes d’une concierge hystérique persuadée du bien-fondé de ses agissements pour semer la discorde. Rien n’échappe à cette gardienne angoissée qui veille avec assiduité au respect du règlement, surveille faits et gestes des locataires, tous âgés et comme abandonnés dans un immeuble en décrépitude, voué à une destruction prochaine.

Au fil des pages, on découvre les souffrances, la déchéance de ces vies qui ne tiennent plus qu’à un souffle, la solitude aussi. Tout cela, c’était avant l’arrivée de Gilles, un jeune étudiant, trahi, cocu, jeté à la rue et désormais locataire du trois pièces au dernier étage. Attentif, il anticipe les besoins des uns et des autres, se rend utile, agaçant la concierge qui se sent humiliée… Son voisin de palier, un octogénaire violoniste, ne s’est pas fait prier. Sans façon, il invite Gilles à dîner, rapidement il est question de violon, le sien, instrument sublime, un Guadagnini, inestimable à ses yeux non pas pour son prix exorbitant mais pour tous les souvenirs qu’il recèle… lire la suite


« Pas de dernier métro » pour le couturier Robert Piguet

CPiguet_couv_BD_391txgd 2inquième enfant d’une dynastie suisse d’hommes politiques et de banquiers, l’enfant rêveur d’Yverdon a créé l’une des maisons de couture les plus en vue du Paris des années 30. Ami du poète Jean Cocteau, ce défricheur de talents a fait débuter dans ses ateliers les jeunes Christian Dior et Hubert de Givenchy. Ce n’est pas le moindre talent du styliste helvétique. Cinquante ans après leur création ses parfums « Bandit » ou « Fracas » connaissent encore le succès! Une biographie la première du genre, illustrée par de superbes photos et dessins rend hommage à ce timide surdoué.

Novembre 1940, les élégantes parisiennes se pressent en vélo taxi au 3 Rond Point des Champs Elysées pour découvrir la dernière collection de Robert Piguet, l’un des couturiers les plus adulés de l’époque. Robert Piguet est né à Yverdon en Suisse, il appartient à une vénérable famille de banquiers et d’hommes politiques, mais à Paris, il est surtout reconnu comme l’un des créateurs les plus lancés de la capitale, ami du poète Jean Cocteau et du génial décorateur Christian Bérard… lire la suite


Juliette Récamier ou l’art de la séduction

récamierDans une récente biographie, L’art de la séduction, l’historienne Catherine Decours présente un portrait loin d’être flatteur sur celle fut la plus belle femme de son temps, Juliette Récamier. Entourée de soupirants dont les espoirs sont rarement éconduits, elle fait beaucoup souffrir « les anges aussi ont leur cruauté, narcissique, cet ange-là jouissait de son pouvoir sur autrui »  comme le note à ses dépens Benjamin Constant.

Muse et mécène, Juliette Récamier est la reine des salons parisiens du XIXème siècle. Sa beauté autant que son esprit charme les plus grands hommes de son époque : Ampère, Benjamin Constant, Lucien Bonaparte, Auguste de Prusse, Saint-Beuve, Victor Hugo et surtout René de Chateaubriand avec qui elle noua une liaison de près de 30 ans. Elle vint plusieurs fois à Suisse à Coppet près de Genève où elle rejoint dans son exil sa très chère amie Germaine de Staël. Pour fuir l’épidémie de choléra qui ravage Paris en 1832 et retrouver Châteaubriand, elle séjourna aussi quelques jours au château de Wolsberg, propriété de la lectrice de la reine Hortense, mère du futur Napoléon III, qui vivait tout près au château d’Arenenberg.

Juliette Récamier – L’art de la séduction – Catherine Decours publié aux Editions Perrin