Le Léman et les Alpes de Ferdinand Hodler à Paris

hodler1908A découvrir d’urgence au Musée Marmottan Monet, une vingtaine d’œuvres majeures de Ferdinand Hodler prêtées par des collectionneurs privés. Une profusion de paysages, éblouissants par leur luminosité, peints durant les vingt dernières années de sa vie alors qu’il vivait dans son appartement au Quai du Mont-Blanc à Genève.

Peindre l’impossible, la transparence de l’eau, la douce ondulation des vagues, l’éclat de la neige, le ciel voilé, peindre une mer de brouillard, le silence, la sérénité de l’aube, sont autant de difficultés extrêmes qui en auraient effrayé plus d’un. Pas Hodler, l’un des plus grands peintres suisses.

Son chevalet planté en face du Léman et des Alpes ou au bord du Lac de Thoune, il observe de son regard incisif le panorama grandiose qui s’offre à lui attentif aux changements d’atmosphère et de luminosité au fil des heures. Hodler commence par esquisser le paysage entre ciel et terre, l’horizontale du lac, la ligne dentelée des Alpes, les amoncellements nuageux ou les reflets du soleil. Il s’imprègne des formes et des couleurs avant de les faire réapparaître comme par enchantement du bout de son pinceau. De tous les artistes de son époque, il fut le premier à relever le défi de peindre la montagne, la reproduire avec son écrasante immensité sur la surface restreinte d’une toile. Il excelle dans les nuances subtiles et bleutées à l’infini, ou les reflets dorés du coucher de soleil. Plus tard, assis à la fenêtre de sa chambre où la maladie le retient, il continuera à saisir inlassablement le paysage pour nous restituer sa puissante beauté. A force de l’admirer, son âme s’en émut profondément « et l’extase qui avait pris possession de son être, il nous l’a communiquée par la magie d’une évocation fixée pour l’éternité » écrira Henry Van de Velde lui rendant un ultime hommage lors de sa disparition en juillet 1920.

Hodler Monet Munch

L’exposition « Peindre l’impossible » du Musée Marmottan Monet à Paris présente pour la première fois les œuvres de Hodler intimement liées à celles de Monet et Munch. Quelles sont donc les raisons pour les rassembler autour d’une même exposition alors que les trois peintres ne se sont jamais rencontrés ? Pas vraiment contemporains, ni inscrits dans la même catégorie esthétique, ils ont toutefois vécu la même période historique, celle de la transition entre le 19ème siècle et l’époque moderne. Leurs œuvres se sont déjà côtoyées par le passé et de leur vivant lors des expositions universelles de 1889 et de 1900. Représenter le monde, la nature et ses paysages, une même conviction pour ces précurseurs d’un style nouveau. Ils ont exercé chacun de manière singulière une influence déterminante sur l’orientation de la peinture.

Ann Bandle

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Du 15 septembre 2016 au 22 janvier 2017
Musée Marmottan Monet
2, rue Louis-Boilly – Paris 16ème

Dès le 3 février et jusqu’au 11 juin 2017
En Suisse, au Musée Gianadda à Martigny

 

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