Marie Bashkirtseff (1858-1884)

Décédée prématurément à l’âge de 26 ans, Marie Bashkirtseff, élève de l’Académie Julian, n’a pas pu accomplir la carrière que ses talents multiples – peinture, musique, sculpture, écriture –  pouvait laisser espérer. Son nom est pourtant passée à la postérité pour deux raisons.
Elle nous a d’abord laissé un magnifique journal intime témoignant des joies et malheurs de l’émancipation d’une jeune artiste de son époque qui correspond avec Guy de Maupassant, et attire aussi tous les regards par sa beauté. Mais Marie a aussi pu réaliser, avant que la tuberculose ne la terrasse, plusieurs toiles magnifiques, comme La réunion (portrait de jeunes garçons de la rue), qu’on  peut admirer au Musée d’Orsay à Paris ou son autoportrait conservé au Musée Chéret de Nice, ville où elle a passé une grande partie de sa jeunesse. Née dans une famille noble en Ukraine, cette jeune fille déracinée et brillante qui maîtrise pas moins de cinq langues, va en effet beaucoup voyager durant sa courte existence.

Séjour à Genève

Elle a 12 ans quand elle séjourne à Genève à l’hôtel de la Couronne, reçoit une belle boîte de peinture et se voit demander par un vieux professeur de dessiner des petits chalets où les fenêtres étaient dessinées comme des troncs d’arbres et ne ressemblaient pas aux fenêtres des vrais chalets. Marie refuse, ne comprenant pas qu’une fenêtre fut ainsi. Le professeur lui demanda alors de peintre ce qu’elle voyait de sa fenêtre, la famille avait changé entretemps d’établissement pour s’installer dans une pension plus conviviale, Maria dessina alors le lac et le Mont Blanc. Sa vocation d’artiste-peintre était née.

Béatrice Peyrani

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